Portrait de Trois Quatre : Tous en choeur
par Simon Granger
2 11 2006Le groupe de chanteurs Trois Quatre se fait remarquer par des arrangements vocaux qu’ils appliquent à des classiques issus de tous les genres. Sans aucun instrument, ces huit vocalistes réussissent à toucher tous les genres musicaux qu’ils mélangent allégrement.
Le projet Trois Quatre est né à l’été 2004, alors que sept des membres actuels se sont regroupés pour Kassa, un spectacle de grande envergure organisé dans le cadre de l’International de l’art vocal de Trois-Rivières. Ils se côtoyaient depuis plusieurs années déjà, par l’entremise des Petits chanteurs de Trois-Rivières, «une grande famille», aux dires de Louis-Alexandre Beauchemin, et par leur collaboration aux mêmes ensembles vocaux. «Il y a même un des gars du groupe qui a déjà été mon prof de musique!», précise le jeune chanteur, cadet et contre-ténor de l’octuor.
Lors de cette prestation, le groupe a eu la chance d’accompagner Breen Lebœuf, ancien membre d’Offenbach. À la suite du succès de cette expérience, les chanteurs ont voulu poursuivre l’aventure et Lebœuf s’est même montré intéressé à joindre le groupe. Depuis, la troupe a fait partie du Show du refuge en 2004, et certains de ses membres ont participé à l’enregistrement des derniers disques de Dan Bigras (Fou, 2005) et de Lulu Hughes (Crazy Mama, 2006).
À l’instar d’autres styles a cappella, comme le Barbershop Quartet où chaque musicien
chante les paroles, le son du groupe est très «complet». «Si tu écoutes Trois Quatre, tu vas vraiment avoir l’impression à un moment donné qu’il y a des instruments en arrière», affirme Louis-Alexandre Beauchemin.
«Contrairement à un groupe comme les Charbonniers de l’enfer qui a un style assez typé, le folklore, nous faisons dans plusieurs styles. On touche autant à la musique classique qu’au jazz», explique Sylvain Gagnon, un des chanteurs de la bande originaire de Trois-Rivières. Un répertoire garni entre autres d’arrangements de pièces connues, ce qui donne des versions étonnantes de chansons des Beatles, d’Offenbach, de Georges Brassens ou de Louis Armstrong.
La formation travaille actuellement à la préparation d’un spectacle qui sera présenté en mars prochain à Trois-Rivières. S’ils ont déjà chanté devant de grandes foules, ce sera cependant la première fois qu’ils contrôleront tous les aspects du spectacle. «C’est l’occasion de présenter aux gens un spectacle qui non seulement devrait être touchant et intéressant d’un point de vue musical, mais aussi au niveau visuel», précise Sylvain Gagnon, ajoutant que le travail se fait autant sur l’éclairage que la mise en scène. «Ça ne sera pas juste huit gars debout sur une scène avec des micros, on veut créer des ambiances.» Pour le moment, Trois-Rivières est la seule ville où ils présenteront leur spectacle, mais ils comptent bien se produire ailleurs au Québec, et peut-être même en Europe et aux États-Unis, selon le succès remporté par les premières représentations.
«Je pense que notre particularité est un avantage», explique Louis-Alexandre Beauchemin. Selon lui, le groupe peut rejoindre un public très large. «J’ai reçu beaucoup d’éloges de gens de l’âge de mon petit frère, qui a 16 ans. On peut amener nos grands-parents à Trois Quatre et ils vont “tripper” eux aussi», poursuit-il. «La variété dans notre répertoire fait en sorte que tout le monde va vraiment y trouver son compte», renchérit Sylvain Gagnon, affirmant aussi que le «charisme naturel» du groupe permet de rejoindre le spectateur.
L’octuor sait attirer les masses. «En 2005, Trois Quatre était le petit ensemble qui a attiré les plus grandes foules [à l’International de l’art vocal de Trois-Rivières]. Les gens faisaient la queue pour assister à leur spectacle. En 2006, nous leur avons offert une scène au lieu d’un site de petit ensemble», explique la directrice des communications de l’International de l’art vocal de Trois-Rivières, Kathy Béliveau. Lors de cet événement, le groupe s’était produit devant près de 3000 personnes.
La musique de Trois Quatre reste bien sûr marginale, mais se veut aussi accessible. Les chanteurs peuvent donc rêver d’une place de choix sur la scène québécoise. Mais Louis-Alexandre reste humble : «Contrairement à la plupart des gens qui veulent percer, on n’est pas avide de succès, on est avide de “trip”». Parce qu’avant tout, Trois Quatre reste un «trip de chums», une grande famille.



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