Profiter du Momentum
par Sandie Letendre
29 04 2007Le producteur Alain Gariépy annonçait il y a quelques semaines la création pour septembre 2007 du Centre technologique Momentum de Québec. Un mégacomplexe de production audiovisuelle qui redonnera à la Vieille Capitale ses lettres de noblesse en ce qui a trait à la production cinématographique, du moins, c’est ce qu’espèrent les promoteurs.
Le Centre technologique Momentum (CTM) est un projet de 6,1 millions mis de l’avant par le groupe Artson Québec. Le complexe de production regroupera plusieurs infrastructures en un même endroit. Il comportera un studio d’enregistrement sonore, un studio de mixage, un studio de pratique, une salle de visionnement et toutes les installations nécessaires à la production et à la postproduction audiovisuelles en plus d’un petit hôtel et d’un restaurant-lounge.
Alain Gariépy, croit que c’est la centralisation des services qui permettra un meilleur rendement au CTM. «Je ne crois pas à la rentabilité d’une boîte noire en plein milieu d’un champ. Comme notre centre sera multifonctionnel, ce sera plus facile de l’occuper quand il n’y aura pas de productions en cours. Avec nos différentes installations, nous serons en mesure d’accéder à une plus large clientèle.»
Les promoteurs souhaitent accueillir au CTM plusieurs événements corporatifs et offrir des formations en audiovisuel, ce qui les aidera à joindre les deux bouts durant les premières années d’exercice du complexe. «C’est que l’on ne se fait pas d’illusions, ça prendra quelques années avant que l’on puisse attirer suffisamment de productions pour assurer la viabilité du centre», soutient l’un des promoteurs du projet, Steeve Lapointe.
Certains doutes sur la viabilité du CTM sont néanmoins soulevés par les artisans de la production audiovisuelle de Québec, ceux-là mêmes qui ont assisté à l’échec de plusieurs projets similaires dans la capitale au cours des vingt dernières années. «Je ne suis pas certain qu’il y ait un marché pour ce projet d’envergure à Québec», affirme le réalisateur et producteur indépendant Henry Bernadet. Le directeur de la succursale de Québec des Locations Michel Trudel, Jérôme Bourgault, dresse le même constat. «J’ai l’impression que seulement le quart d’un tel projet est effectivement réalisable. Comme le milieu de la production audiovisuelle est très restreint ici, il est préférable d’investir dans la mise sur pied de plus petits studios. C’est ce que nous faisons et nous arrivons à bien en vivre.»
Mais les créateurs du projet demeurent optimistes. «Je ne pense pas récupérer la production audiovisuelle à Québec en quelques mois, car en ce moment tout est centralisé à Montréal. Nous croyons cependant que le projet permettra de développer le marché régional d’ici 3-4 ans», affirme Alain Gariépy. Le conseiller en communications de la Ville de Québec François Moisan, qui a aussi travaillé pendant plusieurs années au service du développement économique de la capitale, croit aussi en le bien-fondé du CTM. «Il y a beaucoup de potentiel pour la production ici. Un projet comme le Centre Momentum est donc tout à fait souhaitable si l’on veut attirer de nouveaux producteurs et ainsi augmenter le nombre d’heures d’émission réalisées dans la région.»



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